DES MACHINES BLINDÉES EN RENFORT EN IRAK

Janvier 2019

Depuis 2015, la FSD met en œuvre un programme de déminage humanitaire en Irak axé sur l’élimination des mines artisanales et munitions non explosées dans les zones récemment occupées par l’État islamique. Dans certaines localités, comme dans le village de Nasr, des machines sont maintenant utilisées en renfort du déminage manuel.

En 2014, l’État islamique dissémine des engins explosifs improvisés dans la région de Mossoul, poussant les populations à fuir vers d’autres parties du pays, voire à l’étranger. Deux ans plus tard, les forces irakiennes font recours à des bombardements massifs pour libérer Mossoul et ses environs, causant la destruction et l’effondrement de nombreuses infrastructures. Aujourd’hui, les ruines et bâtiments encore intacts restent contaminés par les mines artisanales et autres engins non explosés. Les équipes de démineurs de la FSD travaillent à éliminer ces dangereux restes de guerre afin de permettre le retour des réfugiés et déplacés internes.

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Les conditions de déminage en Irak sont souvent éprouvantes : les températures peuvent atteindre 45 °C et les sols sont alors secs et difficiles à creuser, rendant la neutralisation d’engins explosifs enterrés particulièrement ardue. Il est en outre dangereux pour les équipes de démineurs de travailler dans des bâtiments jonchés d’amas de débris. Un déblaiement préalable est donc indispensable.

C’est pourquoi la FSD a décidé d’utiliser des machines, en priorité dans le village de Nasr, afin de compléter le travail des équipes de déminage manuel. Les objectifs de ce nouveau projet « mécanique » sont de réduire les risques auxquels sont exposés les démineurs manuels lors de l’enlèvement des engins non explosés, d’effectuer un déblaiement et un déminage complet des bâtiments détruits et ainsi de faciliter le retour des habitants.

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Grâce au soutien financier de donateurs privés et de la ville et du canton de Genève, deux machines ont été acquises : une chargeuse frontale et une excavatrice sur chenilles qui ont été adaptées pour le déminage et blindées pour protéger leur opérateur. Ces machines vont aider à éliminer des gravats à haut risque et permettre de fouiller à distance pour trouver les engins explosifs improvisés.

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L’équipe de soutien mécanique de la FSD en Irak se compose de sept membres, tous irakiens, incluant un chef d’équipe, deux opérateurs de machines, deux démineurs, un mécanicien et un soignant. Sur la photo ci-dessus, l’équipe pose avec un des superviseurs nationaux de la FSD en Irak.

Cette équipe de soutien mécanique, qui a commencé à travailler en 2019, n’a pas seulement aidé à déblayer les gravats mais a aussi permis d’accélérer le déminage des terres agricoles situées à proximité de Nasr. Ceci est un préalable essentiel au retour des villageois, dont l’agriculture constitue le principal moyen de subsistance. À long terme, le déminage des terres cultivables contribue non seulement à la paix et à la sécurité alimentaire mais aussi à redynamiser l’économie du pays.

Armoured machines accelerate demining in Iraq

Depuis le début du projet, la FSD fait toutefois face à plusieurs obstacles aux niveaux administratif et juridique. Obtenir l’autorisation des propriétaires et des autorités locales pour chaque bâtiment à déminer n’est par exemple pas toujours tâche facile. Dans le village de Nasr, les propriétaires peuvent être dans des camps de réfugiés et impossible à joindre, ou bien même décédés. De plus, le maire du village refuse souvent d’autoriser le déminage de certains logements appartenant à des familles soupçonnées d’avoir collaboré avec l’État islamique. Malgré les efforts des démineurs de la FSD et l’efficacité permise par les nouvelles machines, il sera par conséquent difficile de déminer entièrement le village.

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À ce jour, la FSD a dépollué 1 373 002 m2 à Nasr et dans ses alentours, et y a éliminé 730 engins explosifs improvisés et restes explosifs de guerre notamment grâce à son équipe de déminage mécanique.

En 2020, la FSD continuera le travail de déminage à Nasr et évaluera l’impact de la décontamination des terres agricoles et bâtiments sur la décision des habitants à rentrer chez eux. Un suivi du nombre de retours dans le village sera effectué.