Mindanao: un nouveau Centre pour une réponse plus rapide face aux risques explosifs

6 janvier 2026 /  Orlane Lagarde
Au sud des Philippines, l’île de Mindanao reste lourdement contaminée par des munitions non explosées ou abandonnées, héritage de décennies de conflit armé. Présents dans les champs, près des habitations ou sur les chemins empruntés par les enfants, ces engins représentent une menace permanente pour les communautés.

Jusqu’à récemment, beaucoup d’habitant·es hésitaient à signaler leur présence, par peur, par méfiance ou par manque d’information. Résultat: des munitions restaient sur place pendant des semaines, voire des mois, exposant les populations à des accidents graves — parfois mortels.

Sans mesurer le danger de leurs gestes, certaines personnes récupèrent des munitions non explosées et les transforment en objets du quotidien, comme des cloches pour les écoles. 

Aujourd’hui, la situation a changé. Le 28 novembre 2025, un Centre opérationnel dédié à la gestion et à la réponse aux dangers explosifs a été inauguré à Mindanao. Créé en collaboration avec la FSD et les parties engagées dans le processus de paix, et réunissant police et armée philippines, ce centre permet désormais une réaction rapide, coordonnée et efficace face à toute alerte.

« Avant l’existence du Centre, la découverte de munitions non explosées provoquait une peur paralysante et perturbait l’économie locale », explique Cristian Miko Lim, du Comité de coordination pour la cessation des hostilités. 

« Maintenant que le Centre est pleinement opérationnel, tout appel concernant un explosif suspect déclenche une intervention rapide dans un délai de 48 heures », explique l’officière de police Shahanie D. Les informations sont centralisées, les responsabilités clairement définies, et les équipes savent exactement comment agir pour prévenir les accidents. « Lorsqu’un appel concernant un engin explosif nous parvient, nous pouvons immédiatement rassembler toutes les informations nécessaires et coordonner la réponse depuis le Centre opérationnel », ajoute sa collègue Edna L.

La FSD a dispensé une formation de cinq jours au personnel du Centre, leur fournissant des conseils essentiels pour leur permettre d’agir plus rapidement et en toute sécurité en cas de découverte d’engins explosifs.

En parallèle, les équipes de la FSD poursuivent leurs efforts de sensibilisation pour apprendre aux habitant·es à reconnaître les engins dangereux, à s’en protéger, et encourager le signalement au Centre de tout engin suspect.

Au-delà de la réduction immédiate des risques, l’ouverture de ce Centre joue un rôle clé dans la consolidation de la paix. En réunissant autour d’un objectif commun des acteurs autrefois opposés, il contribue à rétablir la confiance entre les différentes parties au conflit. Cette coopération concrète, ancrée dans l’accord de paix, constitue une étape essentielle vers une sécurité durable pour les communautés et vers une paix qui se construit au quotidien.