Qu’est-ce qu’une mine?

22 juin 2026 /  Perrine Cloup
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Les mines sont des engins conçus pour être placés sous ou sur le sol ou une autre surface, ou à proximité, et pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d’une personne ou d’un véhicule (Traité d'Ottawa, 1997). Elles sont généralement divisées en deux catégories: les mines antipersonnel et les mines antivéhicule.

Comment fonctionnent les mines?

Les mines sont généralement posées à la surface du sol ou enterrées. Elle sont déclenchées par une pression, un mouvement, à l’aide d’un fil-piège, sur commande, ou avec des capteurs de proximité sophistiqués. Après activation, le mécanisme de mise à feu déclenche presque instantanément la charge explosive de la mine. Les mines antipersonnel sont conçues pour blesser des individus. Elle peuvent être déclenchées par une charge aussi faible que 2kg dans le cas d’un fil-piège soumis à une traction, ou d’environ 5kg dans le cas d’une mine s’activant par pression. Les mines antivéhicules ciblent quant à elles les véhicules, notamment les chars, et requièrent généralement une pression de plus de 100kg. Selon leur conception, les mines peuvent contenir du métal, du plastique, ou une combinaison des deux. Certaines mines, plus anciennes, étaient fabriquées principalement avec du verre et du bois, les rendant particulièrement difficile à détecter.

Quels sont les différents types de mines?

Il existe des centaines de types de mines différents, dotés de fonctionnalités et de mécanismes de déclenchement variés. Parmi celles que les équipes de la FSD retrouvent le plus fréquemment figurent notamment:

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Mine antipersonnel PFM-1

Plus communément appelée « mine papillon », la PFM-1 est une mine antipersonnel qui peut être dispersée en grand nombre depuis des avions, des hélicoptères ou des roquettes. Elle n’explose pas au moment de son déploiement, mais ultérieurement, lorsqu’elle est touchée ou lorsqu’une personne marche dessus. Dans certains pays, comme l’Afghanistan, des milliers de mines PFM-1 restent disséminées sur le territoire et continuent de provoquer de graves accidents parmi les populations civiles.

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Série de mines antipersonnel PMN

Les mines PMN figurent parmi les modèles les plus couramment rencontrés par nos équipes. Elles sont conçues pour infliger, par explosion, de graves blessures aux membres inférieurs et ont été posées dans de nombreux contextes, notamment autour de tranchées et de positions fortifiées, ainsi qu’aux abords de routes et de champs. Elles continuent aujourd’hui de représenter un danger pour les civil·es qui traversent d’anciennes zones de combat, mais aussi pour les agriculteur·trices travaillant sur des terres contaminées. Activées par pression, certaines versions récentes sont également équipées de dispositifs antimanipulation sensibles à l’inclinaison. Leur neutralisation exige donc une prudence particulière et peut nécessiter une destruction sur place.

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Mine antipersonnel bondissante OZM-72

Il s’agit d’une mine bondissante typique. Une fois activée, elle projette en l’air une charge à fragmentation, qui explose à hauteur de l’aine, entre 0,6 et 0,9 mètre au-dessus du sol. La détonation disperse des éclats métalliques dans toutes les directions, avec un rayon létal d’environ 25 mètres. Ces mines, ainsi que certains modèles apparentés non bondissants montés sur piquet, comme la POM-Z, sont souvent actionnées par des fils-pièges et peuvent être reliées entre elles.

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Mine antichar TM-62M

Cette mine antivéhicule à effet de souffle contient une importante quantité d’explosif brisant, conçue pour générer une onde de choc extrêmement puissante sous le véhicule. Elle vise principalement à détruire les chenilles ou les roues, tout en pouvant blesser grièvement, voire tuer, les personnes à bord. Lorsqu’elle est activée par un véhicule civil non blindé, ses conséquences peuvent être catastrophiques.

Les mines: une menace durable

Les mines n’ont pas de date de péremption. Certaines comportent des mécanismes d’auto-destruction, mais ceux-ci ne fonctionnent pas toujours comme prévu. Les mines peuvent donc rester actives pendants des décennies, longtemps après la fin des guerres et des conflits. Dans certains cas, elles peuvent même se détériorer et devenir plus sensibles avec le temps. Enfouies sous terre ou dissimulées à la surface, elles continuent de menacer les civil·es, de restreindre l’accès aux terres, de freiner la reconstruction et de ralentir le relèvement économique.

Aujourd’hui, des mines datant de la Seconde Guerre mondiale sont régulièrement découvertes en Europe. Ces découvertes continuent de provoquer des blessures, des décès et des opérations d’évacuation à grande échelle.

Que se passe-t-il si vous marchez sur une mine?

Quand une personne marche sur une mine, la pression active le mécanisme de mise à feu et provoque son déclenchement immédiat. Les effets varient selon le type de mine, la quantité d’explosif qu’elle contient et la proximité de la personne au moment de l’explosion.

Les mines antipersonnel sont conçues pour pour causer des blessures graves comme des amputations, des brûlures ou encore la cécité. Les survivant·es nécessitent souvent une prise en charge médicale à long terme, des programmes de réinsertion ainsi qu’un accompagnement psychologique. La FSD agit dans plusieurs pays pour soutenir le rétablissement de victimes de mine et de conflit à travers des activités de soutien socio-économique. Un projet de potagers urbains hydroponiques visant à favoriser la réhabilition de victimes du conflit est notamment mené en Colombie.

En théorie, les mines antivéhicules ne sont pas censées exploser au passage d’une personne, car leur activation nécessite généralement une pression beaucoup plus élevée. Toutefois, avec le temps, la dégradation de leurs mécanismes peut les rendre instables et provoquer leur explosion sous une pression plus faible que prévu. Elles peuvent également être associées à des mines antipersonnel, enterrées au-dessus ou à proximité immédiate. Dans ce cas, l’activation de la mine antipersonnel peut entraîner celle de la mine antivéhicule, avec des conséquences potentiellement dévastatrices et un risque élevé de victimes multiples.

Comment neutraliser une mine?

Le déminage demande une formation hautement spécialisée et le respect de standards de sécurité élevés. Pour détecter les mines, les démineur·euses utilisent le plus souvent des détecteurs de métaux, ainsi que d’autres équipements spécialisés pour inspecter le sol. Lorsqu’une mine est identifiée, elle est soigneusement examinée par les démineur·euses. Toute mine trouvée est ensuite dégagée manuellement, selon des procédures strictes.

Ensuite, en fonction du type, de l’état et de la stabilité de la mine, un·e expert·e détermine la méthode de neutralisation la plus sûre. Dans certains cas, la mine peut être extraite et neutralisée avec prudence; dans d’autres, l’option la plus sûre consiste à la détruire sur place au moyen d’une explosion contrôlée.

Les mines sont-elles interdites?

Les mines antipersonnel sont interdites par la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, aussi appelée Traité d’Ottawa. Adoptée en 1997, cette convention a été créée en réponse à l’impact humanitaire dévastateur des mines sur les populations civiles.

Aujourd’hui, plus de 160 États ont rejoint le traité. Le déminage humanitaire a contribué à éviter plusieurs milliers d’accidents potentiels. Cependant, les mines restent présentes dans près d’un pays sur trois dans le monde, et le nombre de victimes demeure très élevé, avec 4’535 victimes en 2024.

Depuis 1997
214’000
mines antipersonnel neutralisées par la FSD
5’619
mines antivéhicule neutralisées par la FSD
+470
kilomètres carrés de terres déminés

À qui revient la charge du déminage après un conflit?

Après un conflit, la responsabilité du déminage incombe aux États concernés. Toutefois, ces opérations exigent un savoir-faire spécialisé, des équipements adaptés, des financements importants et un engagement sur le long terme.

Les organisations humanitaires comme la FSD interviennent ainsi dans les pays contaminés en menant des opérations de déminage, en formant les autorités locales à la lutte antimines et en développant des programmes d’éducation aux risques. Ces actions visent à aider les communautés à se protéger et à renforcer progressivement les capacités nationales de déminage. Elles sont mises en œuvre en partenariat avec les pays dans lesquels nous travaillons. La FSD contribue en outre au développement des compétences locales en recrutant et en formant la quasi-totalité de son personnel sur place.