Le fléau des pesticides périmés à Oykamar

11 Nov 2019 | Environnement, Tadjikistan

FLa FSD est active en Asie centrale depuis 2003, principalement en Afghanistan, au Kirghizistan et au Tadjikistan, dans différents domaines : déminage, destruction de stocks d’armes et munitions, et études pour évaluer la pollution de différents sites. Depuis 2017, nous avons axé notre travail de dépollution sur l’identification, le déblaiement et la destruction de stocks de pesticides périmés datant de l’ère soviétique au Tadjikistan.

Une famille au Tadjikistan.

La FSD a réalisé des études d’évaluation de l’impact environnemental de ces pesticides et mené à bien des opérations de dépollution sur trois sites prioritaires au Tadjikistan : Village #1, Kanibadam et Oykamar. En parallèle, la FSD a également mené un certain nombre de projets sociaux-médicaux pour sensibiliser les communautés touchées et leur apporter un appui médical et des soins de base.

En collaboration avec Tauw, une société néerlandaise d’ingénierie environnementale, la FSD a ensuite effectué des prélèvements d’eau et de terre dans les régions contaminées afin de déterminer le niveau de pollution sur les trois sites prioritaires. Ceci a permis d’identifier le village d’Oykamar comme première priorité : il dénombre 14 zones hautement contaminées. Ce village est en effet un ancien centre de distribution de pesticides, aujourd’hui abandonné.

Comment ces pesticides affectent-ils le quotidien des habitants d’Oykamar? La FSD a fait une enquête auprès des habitants qui vivent sur ou près des zones contaminées.

Une femme tadjik

Taif Mohamed, père de deux enfants, vit à vingt mètres de l’entrepôt contaminé d’Oykamar. Il avait remarqué pendant la construction de sa maison une forte odeur persistante. La situation s’est ensuite aggravée pour devenir insupportable pour lui et sa famille. Alors qu’il creusait la terre de son terrain, il a trouvé d’étranges plaques jaunes, qui se sont révélées être des pesticides concentrés. Il se dit sûr que c’était là la cause de la mort de son bétail: “J’ai perdu des vaches, des moutons et des lapins: ils sont tous morts. Il ne me reste qu’un lapin.” Taif n’est pas le seul habitant à avoir signalé la mort de bétail et d’animaux. Taif a redit toute sa gratitude à la FSD dont il considère le travail essentiel : “La dépollution de sites qui étaient autrefois des champs cultivables ou des jardins potagers permet de relancer l’agriculture vivrière disparue depuis longtemps.”

Zolfia, une autre habitante du village, nous parle de sa famille : ”Cela fait onze ans que je vis ici et ce n’est qu’au bout de cinq ans que j’ai vraiment réalisé qu’il y avait des pesticides. Même si nous leur donnons assez à manger le matin, à midi et le soir, les enfants s’évanouissent parfois à l’école.”

Actuellement, il est impossible d’établir formellement un lien direct entre les problèmes de santé des habitants d’Oykamar et leur exposition aux pesticides périmés. On a cependant pu démontrer que les zones contaminées par des polluants organiques persistants ont un effet délétère pour la santé des populations qui y vivent et sur l’environnement.

L’objectif global du programme de dépollution des terres de la FSD au Tadjikistan est de réduire les risques posés par les polluants organiques persistants dans les sites contaminés et d’améliorer la gestion et l’infrastructure du dépôt central de déchets de Vakhsh, ainsi que de renforcer la capacité du gouvernement Tadjik à gérer le problème.

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