Il était une fois la FSD…

13 Août 2022 | Lutte antimines

Notre histoire commence dans la ville suisse de Fribourg. Dans les années 1990, des millions de personnes découvrent sur leurs écrans de télévision les images de pays contaminés par les mines antipersonnel et leurs effets dramatiques sur les populations. En 1997, cette problématique est désormais au cœur des préoccupations internationales; la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel est adoptée. Une poignée de citoyens suisses, dont une majorité issue du domaine de l’humanitaire, fondent alors la Fédération suisse de déminage.

Extrait de journal de 1997 annonçant la création de la FSD.
« Créée dans un but humanitaire, elle formera d’abord des volontaires parmi les réfugiés bosniaques ». C’est via la radio suisse que commencent les activités de la FSD. Un appel est lancé pour proposer des formations aux réfugiés kosovars afin qu’ils puissent contribuer au déminage de leur pays.

Le premier véritable projet de déminage de la FSD commence quelques mois plus tard en Bosnie-Herzégovine. Il s’agit de déminer une partie du village olympique de Dobrinja, où passait la ligne de front.

La FSD étend ensuite ses activités de déminage à d’autres pays, notamment sur requête du Programme alimentaire mondial. Selon l’accord signé entre les deux organisations en 2001, les équipes d’intervention d’urgence de la FSD se tiennent prêtes à intervenir dans un délai de 72 heures pour assurer la distribution de nourriture d’urgence à la population civile dans toute zone potentiellement minée. Ces opérations permettront notamment de sécuriser des routes et infrastructures clés en Irak, en Afghanistan, au Soudan et au Soudan du Sud pour que la distribution de nourriture puisse avoir lieu même dans les contextes les plus instables.

Plaque du Prix du mérite datée de 2004.
En 2004, la FSD reçoit un prix du mérite, en reconnaissance de la bravoure et du dévouement au-delà du devoir des membres de l’équipe après le bombardement du siège de l’ONU à Bagdad le 19 août 2003. 

Début 2003, la Fédération suisse de déminage devient la Fondation suisse de déminage (FSD) et poursuit son action humanitaire auprès des populations touchées par des conflits armés. Des opérations à grande échelle sont mises en place dans des pays lourdement contaminés, comme en Albanie, au Liban, au Laos et au Sri Lanka. Au fil des années, des milliers de démineurs sont formés par la FSD à travers le monde.

Carte du monde surlignant les programmes passés et actuels de la FSD dans 29 pays.
En 25 ans, la FSD a mené des programmes humanitaires dans 29 pays. En 2022, la FSD est active en Afghanistan, en Colombie, en Irak, aux Philippines, en République centrafricaine, au Tadjikistan, au Tchad et en Ukraine.

Spécialisées dans les situations d’urgence, les équipes de la FSD sur le terrain mènent ponctuellement des actions humanitaires allant au-delà du déminage, comme au lendemain du tsunami au Sri Lanka en 2004. La FSD a alors pris la décision de suspendre son programme d’action contre les mines afin que tout son personnel, ses ambulances et autres véhicules soient disponibles pour venir au secours des populations affectées par la catastrophe naturelle.

Hommes, femmes et enfants sri-lankais rassemblés devant un véhicule de la FSD après le tsunami de 2004.
Au Sri Lanka en 2004, les équipes de la FSD ont travaillé sans relâche pour aider les victimes du tsunami grâce au soutien de la Chaîne du Bonheur, en participant notamment au transport et à la distribution de nourriture ainsi que de produits de première nécessité dans des camps et centres d’aide.

Au cours des années, l’expertise de la FSD s’accroît et les techniques de déminage évoluent. Afin de soutenir les opérations de déminage manuel, la FSD investit dans les machines et les nouvelles technologies. Depuis 2003, des engins mécaniques de préparation des sols sont déployés dans les programmes de déminage.

La FSD s’investit également dans des projets de recherche sur l’utilisation de drones au service du déminage dès 2008.

Préparation d'un drone à travers champ.
Cropcam fut le premier drone utilisé par la FSD pour la cartographie en 2008 aux Philippines et en Libye. Aujourd’hui, la FSD travaille en étroite collaboration avec la Fondation Urs Endress sur le projet FindMine, qui vise à développer un drone capable de détecter les restes explosifs de guerre à l’aide d’un radar pénétrant dans le sol.

Alors que la liste des pays dans lesquels opère la FSD s’allonge, de nouvelles activités distinctes du déminage mais complémentaires sont mises en œuvre. Des programmes de renforcement des compétences locales sont menés dans plusieurs pays pour appuyer les autorités nationales de déminage, notamment au Mozambique et en Arménie. En 2009, un programme de destruction des stocks d’armes et de munitions obsolètes est lancé au Tadjikistan.

Dans les contextes où la FSD opère, les besoins de la population ne se limitent évidemment pas au déminage. L’organisation s’engage alors dans de nouvelles directions. Un volet environnemental est ouvert en 2012 au Kirghizistan, avec le début des évaluations de la pollution issue des mines extractives.

La FSD réalise ensuite plusieurs projets d’assainissement d’anciens sites d’extraction d’uranium au Tadjikistan et au Kirghizistan puis se concentre sur la dépollution des sites contaminés par des pesticides toxiques depuis 2016.

Trois démineurs présentent une dizaine de munitions non-explosées.
Depuis le début du programme de destruction d’armes et de munitions au Tadjikistan, plus d’1,7 million d’armes et de munitions ont été détruites par la FSD, ainsi qu’une cinquantaine de systèmes portatifs de défense aérienne (MANPADs).

En parallèle, des projets de soutien à des processus de paix en cours voient le jour. En 2015, la FSD entame son programme d’appui au processus de désarmement, démobilisation et réhabilitation d’anciens combattants en République centrafricaine.

Aux Philippines, à l’ouest de l’île de Mindanao, l’organisation utilise notamment le déminage comme outil de médiation entre les ex-belligérants. Des projets de soutien socio-économique sont également mis en œuvre dans des pays touchés par des conflits armés afin de fournir un appui aux communautés les plus vulnérables.

Classe de jeunes élèves Centrafricains en train d'étudier.
En 2021, la réhabilitation de plusieurs écoles locales, jardins d’enfants et orphelinats a été entamée à Bangui et Bouar en République centrafricaine. La FSD a également effectué des forages et mis en place des systèmes de pompage pour fournir de l’eau potable à la population.

Dans le cadre de ses programmes de déminage humanitaire, la FSD s’attelle à développer les compétences nationales en matière de déminage afin de permettre aux acteurs locaux de prendre le relais pour mettre en œuvre une stratégie de lutte contre les mines efficace et durable.

Équipes FSD et SHO en Irak, observant une machine en opération.
En 2020, la FSD s’est engagée dans un projet de renforcement des compétences nationales irakiennes en matière de déminage. Les experts de la FSD ont formé et encadré le personnel de l’ONG locale Shareteah Humanitarian Organization (SHO). Deux ans plus tard, cette organisation est accréditée et apte à mener des opérations de déminage de manière indépendante.

Entre 1997 et 2022, la FSD s’est engagée dans 29 pays et a permis de rendre 450 km2 de terres déminées aux communautés, avec près de 1,4 million d’engins explosifs neutralisés. La FSD compte aujourd’hui plus de 500 collaborateurs dans huit pays, qui, jour après jour, contribuent à rendre le monde plus sûr.

Miniature YouTube d'une vidéo FSD au Soudan.
Fouillez dans nos vidéos d’archives sur notre chaîne YouTube pour retrouver des images de nos opérations passées, notamment au Soudan du Sud, au Burundi, au Pakistan, au Cambodge, au Laos, et au Sri Lanka!

L’action humanitaire de la FSD est menée depuis 25 ans grâce au généreux soutien de donatrices et donateurs publics et privés, qui s’engagent à nos côtés ponctuellement ou dans la durée.

Un immense merci à toutes et à tous! Chaque mine neutralisée représente potentiellement une vie sauvée.

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